Un soir parmi d’autres

Il est 23h17, je suis assis là tranquille. Dans la noirceur d’une soirée, d’une nuit, je ne sais pas si à cette heure il est nuit. Je suis là seul avec mon odeur et je réfléchis, je pense, toujours.

À ce que serait ma vie sans tous ces tourments. Ce que serait le temps sans tout ce mépris. L’existence sans tous ces questionnements. L’avenir avec des gens, des amis, une famille présente. Entourer de grâce et non du néant.

Hélas, je doute fortement que nous ayons un jour ces réponses, pourtant ce n’est pas à défaut d’essayer de revenir dans ce monde.

Le plus difficile n’est pas de sortir, d’avoir une hygiène de vie, une routine. Ce n’est pas non plus d’accepter que dorénavant nous faisons les choses par habitude, que le stress nous guettera toujours dans l’inconnu.

Non, le plus difficile et ce qui m’est bien impossible est d’oublier, simplement oublier.

Comment oublié toute cette indifférence de nos pairs, toute cette souffrante solitude. Tout ce mal croissant de suffoquer dans le néant. Trop de temps de réflexion qui ont noirci mon âme et ma vision.

Irréversible qu’est tout cela. On ne guérit pas de l’absence.

Trop ancré en l’être toutes ces années d’enfermement, trop de brûlures qui ont complètement ravager quasi toutes émotions, tuant l’homme.

Il est facile de blâmer la vie, mais au fond, je suis bien le seul responsable de m’avoir abandonné, en cour de route.

J’aurais beau crié au scandale, mais au fond, seule la chatte y réagirait.

Le temps passe pour tous, il nous accable tous, personne n’y échappe, il est seulement plus prenant pour certains.

Un équilibre, en voilà une chose qui serait bien.

Jack Asmo Tous Droits Réservés

Petite bête

Ma contradiction vient de ce que je suis au fond, qui affronte les principes bâtit et crée donc des éclatements de l’être. La différence entre la bataille que le corps, doit mener à l’esprit, pour s’affirmer et ne pas demeurer cacher.

Tout ça c’est encore de la faute de la vilaine bête, encore et toujours. Facile blâmer le monstre en soi, quand on ne trouve pas d’autre solution lorsqu’il vient, que le nourrir jusqu’à l’indigestion.

Je ne crois pas que l’on puisse la tuer, sans se tuer également. Tenter de la comprendre, au lieu de la fuir et de créer des préceptes contraires à mon être, fût été peut-être meilleure solution. Que de scindé mon moi en deux, l’empêchant par le fait même, de se développer complètement.

Cette bête n’était peut-être pas si infâme; mais peut-être que oui; Vais-je risquer de blesser des gens pour le savoir, en la relâchant ? Bien sûr que non.

Je n’ai pas souffert toutes ses années, créer involontairement tous ces tares de mon esprit, pour rien.

Je ne veux pas !

Je n’oserais jamais, je la connais bien. Même que je l’ai sûrement pervertit plus qu’elle ne l’était, à force de la nourrir. Si un monstre incontrôlable devait un jour surgir, que l’on soit témoin, je serais le seul à blâmer.

Faites que mon erreur ne souffre pas âmes.

Jack Asmo Tous Droits Réservés

L’espérance

Un homme marchait vers demain, une étrange sensation de déjà-vu le long de sa route. Les images d’une vie, des odeurs familières, des sons, des émotions, des moments, comme ceux d’hier. Le temps des morts est le temps de toujours, du souvenir.

De continué malgré la fin, après cette agonie qu’est l’existence. Cette vie qui rendue à ce stade, il n’est plus nécessaire de critiquer. Que reste-t-il dans la mort, dans ce trépas ? Si la mort est un néant, donc nous ne subissons plus les autres êtres, alors se doit être ça le paradis.

Ce paradis que l’homme espère tant. Le sait-il, ou du moins le comprendre, que la fin des choses laissent sous-entendre, que paradis ou pas, il n’en aura pas conscience. C’est un questionnement qui me laisse perplexe; supposons qu’il s’en doute fortement; pourquoi se laisse-t-il berner par des charlatans ?

Dans l’espérance qui caractérise cet humain, qui prime trop souvent sur sa logique. Il se laisse couramment mener en bateau. La plupart n’y déroge même pas au final. La mort est la seule fin valable. Du moins la seule chose donc nous sommes, plus que certain, de son arrivée.

Le reste est belles pensées, certes. Que bien fassent à ceux qui désirent encore chercher l’émerveillement, dans le néant absolu. Utilité je cherche toujours, mais en même temps, c’est encore ce que je fais le mieux. Questionner mon miroir …

Jack Asmo Tous Droits Réservés

Un nous

L’heure en est à refermer les livres de ma vie, l’heure en est au constat.

Qu’ai-je retenue et compris de cette existence au fil du temps ?

Oui j’ai causé du tort, trop souvent sans même m’en rendre compte. N’ayant que peu la conscience des autres. Un bon sociopathe j’aurai fait, il en est certain.

J’ai vu où beaucoup sont aveugles, mais moi aussi, je n’ai pas vu a pas mal de choses également.

J’ai toujours été humain, ce même homme que je critique, c’est aussi moi. C’est de mon reflet que j’ai compris mes semblables. Je ne l’ai pas singer, j’ai compris que nous étions pareils. La même déception, la même bête.

Drôle comment j’ai toujours caché la mienne, par peur d’être trop humain; cette férocité que j’ai craint, elle ne serait peut-être pas plus mal que les autres, descendants de singes au final.

Nous nous satisfaisons de tourner en rond, car tous le fond et si tous, cela devient légitime. Même si au sens de l’univers, c’est un non-sens; tout doit évoluer, l’humain stagne, il est donc anarchique en ces lieux.

Les questions que je me pose sont: Est-il vraiment capable de meilleur ? Peut-il encore évoluer ?

Ahhh ! Je tente encore de raisonner l’homme, même en dernier, je suis condamné à me répéter, comme mes pairs.

Encore et toujours.

Ce texte va partout et s’éloigne de moi, je ne sais même plus où j’en étais, que voulez-vous savoir de moi ? Que reste-t-il à dire ?

Jack Asmo Tous Droits Réservés

La vie du mort

Raconter sa vie n’est pas toujours simple; je crois du moins, moi qui ne connais pas autre chose. J’ai constamment eu à le faire, avec des intervenants de toutes venues, que ce soi du domaine de la psychologie ou de la psychiatrie. Car mon comportement apportait son lot de questionnements.

Moi qui ne connais que peu de choses à l’intimité, je répondais volontiers à ces gens prêts à me donner un temps soi peu d’attention. Je la cherchais, oui, j’admets aujourd’hui, mais pas de mes pairs.

Ils auraient dû s’inquiéter de tout ce que je ne leur disais pas, plutôt que le reste. J’ai réussi à cacher cette double vie, avec un peu trop de facilité.  Forcez de constater que je ne l’aurais pas voulu autrement, mais parfois je me dis que j’aurais aimé qu’ils voient tout ce que j’étais et qu’on ait autre chose à discuter que des enfantillages, des banalités. Cela aurait été bien.

Je ne regrette pas ma vie ni mes actes. J’ai incessamment été à part des autres et m’en suis jamais plain, jusqu’à ces jours, où elle pèse désormais un poids trop lourd. À l’heure de refermer ces livres; qu’est-ce que je retiens ? Seul certes, mais avoir eu plus de personnes importantes dans mon existence, aurait été un baume sur cette vie, cachée dans les ténèbres de la grotte, dans laquelle j’ai enfermé la bête.

Cette bête qui m’a forcé à créer ce chevalier, droit et juste, qui au fil du temps à scinder mon âme en deux. Me laissant que les deux opposés. Blanc ou noir, jamais gris, ainsi fut le choix inconscient.

Quelquefois, même souvent dernièrement, il me vient l’envie de relâcher la bête, pour voir si j’ai eu raison il y a si longtemps; de m’accabler tant de mal, pour des gens qui ne le sauront jamais, tout ce que j’ai enduré pour eux. Des merci, qui ne viendront pas. Je crèverais esseulé dans mon silence.

Et dans ma tombe, la bête dormira.

Jack Asmo Tous Droits Réservés