L’agoraphobie, mon parcours

Sur cette page j’aimerais aborder un mal, un mal qui a grugé une bonne partie de ma vie. Dix années, pour être plus précis. Dix années à maudire le monde et l’humain, dix années, d’enfermement, de solitude, d’étouffement et de mépris. D’où en est ressortit un être aigris, tourmenter et involontaire de ce que l’univers lui propose.

J’aimerais débuter en vous parlant de la solitude, plus tard je m’attarderai aux détails plus en profondeur, de ce qu’est l’anxiété. Ce mal silencieux, qui est vraiment redoutable comme ennemi.

Lorsqu’il te frappe tu n’as plus beaucoup d’échappatoire, en peu de temps tu te retrouves pris avec et tu ne peux plus t’en débarrasser. Tu sombres si loin, que tu perds le peu qu’il te restait, tu finis complètement seul.

Maintenue au sol, par un géant trop fort pour être vaincu. Car il vient de nous, de notre création. Il a la forme, l’odeur et les aptitudes que nous lui prêtons.

Les gens te voient et passent leurs chemins…
Toi tu espères un bon samaritain, mais jamais il ne vient.
De plus en plus seul, de plus en plus mal.
La solitude tue !

———

Cette histoire commence de manière complètement anodine, non pas par une faiblesse de l’esprit, mais par un sursaut et une série de petits événements, qui cumulés, m’ont beaucoup coûté. L’erreur ultime que nous commettons est de fermer notre monde, de nous créer des murs et de par le fait même, d’oublier qu’il y a autres choses à l’extérieur.

J’ai toujours haït allez à la toilette ailleurs que chez moi. Enfant même, je me souviens d’une fois à trois ou quatre ans, j’avais préféré déféquer dans mon pantalon, caché sur le terrain familial, plutôt que de demander de l’aide à ma gardienne. Ce genre d’exemple, ne te reviens en tête, que lorsque tu es au plus creux du désespoir et cherche désespérément des réponses dans le passé.

À l’adolescence je vivais dans un lieu où l’on met les jeunes qui refusent de se conformer et d’obéirent aux inepties. Qui souhaitent l’affranchissement, surtout dans mon cas, où la liberté, je l’avais payé cher. Tout allais bien, jusqu’au jour où j’ai commencé à éprouver des problèmes de digestion, les médecins ont alors conclu à un colon irritable. J’avais un papier me permettant d’aller aux toilettes quand je le désire, je m’en foutais de savoir pourquoi.

Une fois, en allant au cinéma avec ma mère, j’ai eu ma première crise de panique, dans les toilettes. C’est à partir de ce jour, que tranquillement, mais sûrement, j’ai commencé à cesser de sortir.

Puis vint l’âge adulte, sans que je ne réalise vraiment que j’étais devenu un homme. À dix-neuf ans je ne sortais plus du tout. Fort de l’échec de mon premier appartement, où j’arrivais à être anxieux en ma propre demeure, en étant tout seul. Quel exploit.

J’acquis un ordinateur. À cette époque, j’étais persuadé que le web me sauverai, que l’ouverture sur le monde était « la solution ». J’étais loin de me douter que ce n’était enfaîtes qu’une autre prison.

Puis les années, les déchirures, les éclatements, les tentatives ratées, les échecs, les pertes surtout, se sont enchaînés à une vitesse folle. Toujours plus bas et plus seul dans un tourment sans fin. En mon esprit j’ai créé de toute pièce cette prison, j’ai été mon accusateur, mon procureur, mon juge et mon propre bourreau. J’ai exécuté la sentence sans même broncher.

Un jour je suis allé à l’hôpital, demander de l’aide, l’on m’a dit que voir un psychiatre prendrai quatre années, ce que je n’avais plus, alors ils m’ont référé pour voir une psycho-thérapeute. Ça l’a quand même pris plus de trois cents soixante-cinq jours avant que j’aie une première rencontre. La bureaucratie québécoise ne permet pas de prendre une chose, en attente d’une autre. Faire un choix équivaut à annuler l’autre. Je me suis donc retrouvé à devoir me faire prescrire des médicaments contre l’anxiété par mon médecin traitant, ce qui n’est jamais bon. Le médecin dit « de famille » est très loin d’avoir les connaissances et l’expertise requise.

Puis après de nombreux efforts, une compréhension qu’une hygiène de vie était nécessaire, j’ai tranquillement recommencé à sortir. Avant cette époque je faisais allégrement le tour de l’horloge, j’étais éveillé des vingt – vingt-deux heures par jour et je dormais douze heures en ligne, je me décalais toujours un peu plus, une semaine je me levais vers midi et un mois plus tard je pouvais être rendu à me réveiller en soirée. J’ai compris que pour se laisser une chance dans la vie, il fallait se lever et vivre sur les heures de la majorité des gens. On ne peut pas demander à des gens qui ont bossé dur toute la journée, d’être aussi en forme et disposer que toi, qui a dormi toute la journée.

Depuis mon cadran sonne tous les matins à sept heures quarante-une tapante. Parfois je suis déjà éveillé, les week-end je me recouche une heure. Je garde une routine qui me plait. À huit heures et cinq minutes du lundi au jeudi je quitte mon domicile pour mon travail et mes occupations.

Il m’a fallu réapprendre comment être, comment vivre avec les autres, à parler, exprimer une pensée. J’aimerais dire que je me suis bien réadapter au monde, mais hélas, je suis demeuré trop longtemps dans le néant. Je crains qu’il ne soit trop tard pour moi. Je n’oublierais jamais toutes leurs absences. Je n’avalerais-pas la pilule.

C’est une histoire inachevée, qui pour le moment, ne vas plus nulle part.

Voici une fiche plus technique ;

 

 Source wikipedia.

L’agoraphobie (du grec ἀγορά / agora, «place publique, assemblée» et φόβος / phobos, «peur») est un trouble cognitif se manifestant par une peur irrationnelle de ne pouvoir échapper à une situation ou par la crainte de ne pas pouvoir être secouru en cas d’attaque de panique ou de symptômes liés a une attaque de panique. De ce fait, l’agoraphobie peut également inclure indirectement la peur de la foule en tant que masse (la nuance n’étant pas toujours strictement définie avec l’ochlophobie). Elle s’inscrit dans la catégorie des phobies sociales.

L’agoraphobie pourrait ( non médicalement ) se définir comme : la peur d’avoir peur.

L’agoraphobie touche de 2 à 4% de la population. Sous sa forme mineure (agoraphobie simple) elle se développe entre la fin de l’adolescence et la trentième année environ. La forme majeure s’accompagne généralement de troubles paniques et survient entre 35 et 45 ans.

Si l’origine de cette névrose diffère selon les sujets, elle survient le plus souvent suite à un traumatisme psychique (accident, deuil, chômage…) récent ou éloigné. Ainsi, cet état — que de nombreux spécialistes différencient d’une « maladie » — peut être développé à tout moment par tout individu. Il peut aussi s’accompagner d’autres syndromes, phobies ou troubles compulsifs (dépression, claustrophobie…)

L’angoisse générée par cette manifestation phobique peut être de différente ampleur selon la réceptivité du sujet. Les individus les plus exposés peuvent alors présenter des crises de spasmophilie, appelées aussi « crise d’angoisse » ou « attaque de panique ». À l’exception des personnes présentant des pathologies particulières (déficients cardiaques, asthmatiques…), les crises de spasmophilie ne présentent au demeurant aucun danger pour la santé ou la vie du sujet. Néanmoins, les victimes comparent ces épisodes à la sensation de mourir.

Ces attaques de panique présentent une ou plusieurs caractéristiques psychologiques et manifestations physiques :

* palpitations, tachycardie (accélération du rythme cardiaque)

* tremblements ou secousses musculaires (d’où vient le nom de spasmophilie)

* douleur, gêne thoraciques

* sensation d’étranglement, souffle court

* parfois, déréalisation ou dépersonnalisation

Les patients subissent une forte peur de plein fouet, les sensations de vertige, d’étouffement, de perte de contrôle, accompagnés des manifestations physiques d’une angoisse intense, amène les patient à redouter les situations pour lesquelles ils craignent d’avoir peur (peur d’avoir peur = Phobophobie). Ils peuvent alors élaborer par opposition un processus dit d’« évitement », consistant à éviter toute situation représentant l’objet de leur phobie.

Dans ce dernier cas, l’agoraphobe risque ainsi d’entrer progressivement dans un processus de dé-sociabilisation et présenter à terme un syndrome dépressif majeur.

Pour résumé l’agoraphobie est la peur d’avoir peur, cela peut également être la peur d’une foule (le nombre peut varier de 2 à X personnes dépendant des cas).

Au début c’est minime comme symptômes, tu sors et il se passe une chose d’inhabituel en toi (généralement désagréable), tu n’y portes pas trop attention. Puis souvent quand tu sors ça se reproduit et tu commences à te demander ce qu’il se passe. Puis tout à coup la peur de sortir et de revivre ça s’installe. Tu paniques juste à l’idée d’aller dehors. Tes amis et famille tentent de te faire sortir, mais tu refuses systématiquement. Tu peux de moins en moins faire de choses, même plus aller faire tes propres commissions, tu es obligé de te fier à ceux qui veulent bien aller les faire à ta place ; peu à peu tu déprimes de plus en plus, tu t’enfonces et les gens à force de te voir toujours te plaindre, déprimer et ne pouvoir rien aller faire avec toi, finissent par t’abandonner littéralement.

Ils ne comprennent pas qu’il te reste seulement ton mal à exprimer et que tu as besoin de le faire.

Ils aiment mieux ne pas s’en occuper. Peut-on honnêtement les blâmer ? Je crois qu’aujourd’hui après mon cheminement je peux dire, non. Est-ce qu’être à leur place je ferais pareil ? Ça je l’ignore… Est-ce un manque de cœur de leur part ? Je l’ignore aussi ! Chose sur c’est un manque de compréhension et de patience.

Voilà j’espère que cela vous en a appris et que vous ferez plus attention à votre entourage, car il ne faut pas laisser ces gens tout seuls.

17 réflexions sur “L’agoraphobie, mon parcours

  1. Très bon article !
    Tu n’es pas seul …tu as les livres, l’écriture, l’ouverture du net et ses échanges, etc.
    *
    Quant à la solitude « physique » je t’assure que nous sommes nombreux-ses à la connaître…
    *
    Bon courage
    Amicalement

  2. Coucou c’est la folle cancéreuse, tu devrais te mettre  » un bon coup de pied  » et te secouer !
    d’autres crèvent de faim, de froid, de sévices !
    Essaie de t’oublier et tu oublieras ton mal !

    Trop s’apitoyer sur soi même devient négatif.
    Sache le, on naît seul(e) on vit seul(e), on meurt seul(e)

    c’est la dure vérité de ce monde cruel.

  3. Merci d’avoir écrit ça.
    A present je comprend mieux ce de quoi souftr certain.
    Ce de quoi tu soufre.
    Celà me permetra de ne plus avoir peur, de ne plus évité la discution avec certain.
    Merci.
    Amitié
    Jean-Louis

  4. re
    bon article c’est vrai
    bonne définition aussi
    mais les troubles peuvent-ils s’accompagner de colère ! de fringale! d’étourdissement, voir se cassé la figure?

  5. salut
    ce sont de drôles de civilisations dans lesquelles les malades, les fous et les vieux sont oubliés, marginalisés, nihilés, anihilés.
    Ces civilisations finiront par s’effondrer sur elles-mêmes.
    Courage.
    CrZ

  6. bonjour votre blog doit etre pour vous encore plus une échapatoire que pour nous!! ouuaahhh
    sa ne doit pas etre évident d’etre enfermer et de voir le monde de sa fenetre et en pas pouvoir i participer avec eux mais a coter d’eux !! ce couper du monde par peur par angoisse c’est assez dingue!!! vouloir des contact sociaux sans pouvoir sortir sa doit etre l’enfer!!! etre seule avec sa solitude c’est le pîre car rein ne nosu en distrer et on ce sen abandonner!!!
    bon courage a vous j’espere que vosu pourrais un jour faire partis des gens dans la rue … bonne journey

  7. re re
    en fait je ne souffre pas de cela quoi qu’en dise le neurologue, moi je sorts je parle avec les gens,je n’en ai pas peur. j’ai des vertiges, nuances , non! c’est plus du côté du cerveau, un côté inconnu de lui lol.

  8. coucou j’ai vu ke vou maviez laicer un pti komentair merci beaucou sa fai tj plaisir je sui sur portable alr c bcp moin pratik pour la navigation !!! en ts k jespere pour vous ke le morale est la!!! bisous bn courage a vous a biento

  9. Bonsoir,
    c’est succint comme article, je trouve, par rapport à l’ampleur et parfois la gravité de cette ‘problematique’, qui parfois est un vrai handicap, et non reconnu! C’est un réel mal incidieux, qui ne se voit pas, difficilement compréhensible, déjà pour soi …..alors ne parlons pas des ‘autres’ qui n’ont aucune ‘notion’ de ce ‘phénomène’! Pas de blâmes pour ceux-ci pour autant!
    Vous souffrez de cela, peut-etre même cela va mieux…mais bien qu’avec un certain recul…on puisse en faire une ‘parenthèse’, mais c’est bien plus grave que cela, et je pense que vous le savez! Alors, je le dis à tous, ce phénomène, parait n’avoir aucun sens entre ‘…’, car comme ‘irréaliste, irrationnel’, mais pourtant l’angoisse et les symptômes, sont bien là, et pour la personne qui les vit, c’est un enfer! Le soutien manque, peu importe la façon, mais les gens souffrant de ça, se retrouvent parfois dans un isolement total et déconcertant, qui est dû en partie à l’indifférence des gens, pour cause aussi que ‘cela’ n’est pas reconnue comme ‘maladie’! Donc, pas re-connue! Certes, c’est une ‘charge’, ça demande une compréhension et beaucoup de patience! Mais la différence n’a pas plus beaucoup de place de nos jours, mais l’indifférence oui!
    Merci

  10. Bonjour, Merci de votre avis. Mais sachez qui il y a des forums spécialisé pour ceux qui recherche de l’aide. Je ne m’attarde donc pas à résoudre des choses, à tord, se serai.Je ne suis pas médecin, psychologue ou autre. Je souffre et c’est mon droit de blâmer et mettre en évidence les comportement insouciants, ainsi que les gens indifférents. Qui laissent mourir leurs proches, inutilement. Car le suicide est une mort évitable, si l’humain serait moins égoïste de nature. L’agoraphobie est un mal qui gruge, une prison invisible.

  11. Bonjour Jack

    Je ne connais pas vraiment ce trouble dont tu souffres, (à part ce que l’on en dit à droite et à gauche)… Ceci étant, je peux comprendre ta souffrance qui est accrue par la vision des autres et non par la compréhension de ce que tu vis ou ce que tu ressent.

    Tu dois déjà te gerer et en plus gerer le fait que tu ne peux pas faire autrement et le faire accepter à tes proches….

    Bonne journée à toi m’sieur Jack

    Pascale

  12. Merci de cette description. J’ai une fille qui a eu une période agoraphobique, mais elle ne m’a pas dit tout cela. Elle avait une crainte bien consciente ‘qu’on me ferme la porte au nez » et nous en avons parlé, mais je ne savais pas les souffrances ‘annexes’ à une phobie. D’où l’utilité de votre billet. Bravo.

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