Ages

Les gens comme moi ne vivent pas pour avoir des cheveux blancs. La vie ou notre main finira par nous tuer. De toute façon, de moi à vous, vue comment vous traitez vos ainés, qui a véritablement envie de vieillir ? Vous croyez que lorsque vous y serez, se sera mieux ?

Ne vous y trompez pas, si je souhaite partir avant mon heure, ce n’est pas qu’à cause du traitement réservé; non, mais aussi car je suis épuisé de vivre, surtout à vos côté. J’en ai marre de ses questionnements constants qui me taraude. J’en ai plus qu’assez de chercher réponses pour vous, alors que pour vous cela vous indiffère.

Facile blâmer les autres encore une fois, pour tout ce mal de vivre. Au fond je voudrais la vie plus facile, qu’elle lui est possible de l’être.

Je lui demande l’impossible et je m’accorde que très peu de chance. Bien que je fasse tout ce qu’il faut pour revenir à ce monde; je n’y trouve pas de place pour moi, malgré tout.

Mais bon, que ce soi vous ou moi, nous finirons tous au même endroit.

Jack Asmo Tous Droits Réservés

Tempo

Ils disaient que l’on ne pouvait pas capturer le temps et pourtant, un jour ma vie s’est arrêtée, je ne fonctionnais plus sur un palier normal de l’existence.

Certes j’ai pris de l’âge, mais le temps ne passait plus normalement, pour moi. C’était comme-ci je le tenais dans mes mains et qu’étant trop près de lui, il s’écoulait alors beaucoup plus lentement.

On a la chance de bien le sentir ainsi. De ressentir encore plus sa douleur et celle du quotidien de la vie. Oui, à avoir trop de moments de réflexion, on n’en ressort jamais gagnant.

C’est de la sorte que j’eus beaucoup trop réfléchie l’humain et que je me suis vue, avec toute la laideur de l’être dans ce miroir. Constater que je suis aussi cet homme.

Bien sûr qu’à l’époque il n’y avait plus de nous, mais que du « vous », nous n’habitions plus le même univers, mais sachez que je ne me suis jamais exclu de toutes mes affirmations.

Tous ces reproches faits, sont aussi miens; car je suis aussi vous.

Jack Asmo Tous Droits Réservés

Ô web

Pouvez-vous croire que moi, un être de raison, ai déjà, dans un passé semblant lointain à présent, cru que le « web » le sauverai ?

M’extirperais du confinement de mon état. Sot je fus bien, car ce lieu en réalité fait tout le contraire, t’entraînant de plus en plus profond, t’emprisonnant encore plus que n’importe quelle phobie.

C’est ça la réalité d’un être qui découvre un univers, semblant exutoire, permettant de communiquer de nouveau avec d’autres humains. Après des années d’isolement, de perte de soi et de capacité moteur, atrophié à force de ne pas servir.

En ayant accès soudainement à ce lieu, je me suis véritablement cru sauver. Mais c’était alors sans en connaître tous les travers.

C’est un lieu grand, empli de possibilité certes, d’individus; mais ces gens ont l’anonymat, permettant tous les excès et les méchancetés. Je ne pleure pas sur ce fait, je m’y suis habitué, mais le temps de la transition, j’ai beaucoup souffert.

Encore et toujours plus de douleurs muettes, brûlant le moi jusqu’à la moelle, ne laissant pas grand-chose au final.

J’étais un con parmi tant d’autres.

Jack Asmo Tous Droits Réservés

Ragia

J’ai toujours été emplit d’une immense rage, seul pouvoir de vie en moi, seule chose qui brûle encore dans cet être déjà mort.

Un grand pouvoir, mais ô combien instable, pas seulement tourner vers nos adversaires; raison de fuite de plusieurs; peut-on honnêtement les blâmer. La sagesse gagne même les plus bornés d’entre tous.

Aujourd’hui je n’ai pas le choix de la combattre, cette rage qui me relèvera toujours de la tombe. Si puissante, tant ravageuse, seul moteur qui me fait dorénavant vivre. Marcher sans vivre ! En voilà quelque chose de brillant !

Arrr ! Sans elle je pourrais enfin mourir.

Partir vers cet inconnu calme et apaisant. D’où la moquerie de la vie ne gagne plus âme. Contraste bien avec ce volcan qui brûle en moi.

Pourquoi m’accabler tellement ? Car la faute n’est pas qu’aux autres êtres, de me tourmenter de questionnements persistant; la faute n’est pas qu’à la vie, cette joueuse de tour; non, la faute est également mienne.

Moi le fou, moi le débile, qui n’arrive pas à accepter les inepties. Accepter les humains dans tout ce qu’ils sont; car je sais qu’ils pourraient être surtout mieux. Non pas que de logique, mais plus précis entre le fond et la forme.

Aah, ce bipèdes apportant sont lot de chaleur thoracique.

Un jour viendra où je n’aurais plus à souffrir ce monde. Un jour je serais sur un autre palier de l’univers. Mais non pas dans un autre abîme, non, dans une autre forme.

Plus concise, je l’espère bien. Je l’ai mérité, je crois …

Jack Asmo Tous Droits Réservés

Printemps

Cette chaleur qui revient enfin après un hiver plus que capricieux et ô comment long; à croire qu’il ne finirait jamais.

Les oiseaux sont revenus, du moins les quelques frileux qui partent chaque année, avant les froids.

Il s’en trouve toujours pour se plaindre, que le paysage est laid lorsque la neige fond; mais elle laisse sa place pour permettre à la nature de se réveiller, de son hibernation et de revivre, c’est aussi beau que la flore qui reprend.

Le ciel bleu qui a pris son siège, au lieu de celui gris-blanc maussade, auquel nous avons eu droit ces derniers mois.

Le vert commence également à  me manquer, mais lui aussi reviendra bien assez vite.

Ce qu’il y a de bien avec le printemps, ce sont les bruits de la nature qui revit, toutes ces petites bêtes que nous avions oubliées.

Et que dire du mouvement, il y a toujours quelque chose à regarder ce mouvoir, courir, bouger au gré des vents.

Et le bruit magnifique de la pluie, qui nourrit tous ces êtres.

C’est bien là l’image d’une continuité parfaite.

Jack Asmo Tous Droits Réservés