Chères

Mon amie, il y avait longtemps que je ne t’avais vu, toi qui me suivais par laps dans le néant, qui brimait ma vision, en me masquant le possible. Oui, toi, la fidèle, toujours prête, en une erreur d’inattention. Ô dépression, ça faisait un moment. Comment vas-tu, tu te débrouilles toujours avec les gamins, la famille et tout ?

Je me dois d’écrire, de bosser, pour ne pas devenir fou. Éviter de sombrer de nouveau. Le temps nous joue souvent des tours, nous ne le cherchons-pas nécessairement, mais quand le passé nous rattrape, il nous frappe soudainement de ce que nous étions et si depuis nous avons évolué, il peut être difficile de s’y revoir. Néanmoins, si nous avons grandi et que nous sommes ailleurs dorénavant, c’est aussi une belle richesse.

L’état dépressif dans mon cas est une conjoncture, dans un délai rapproché, de mauvaises nouvelles et/ou de baisse d’énergie, suite à la fin d’une/de phase(s). Ça devient trop, je dors mal, j’ai de moins en moins de force. Je cesse alors d’abonder à mes obligations et aux choses qui me feraient du bien. Malgré que je sache tout cela, je peine à faire autrement.

En ce dimanche matin je suis assis à la bibliothèque, pour composer ce texte, c’est un pas. Un sursaut.

Anxiété aussi me guette, sournoises amies qu’elles sont, toutes deux. Ratoureuses petites vlimeuses, va.

Je refuse de me laisser dominer dans l’absolu, de nouveau baisser les armes, permettant à la noirceur de choisir ma vie. Ça, juste ça, c’est l’importance de l’expérience, ne pas marcher deux fois dans les mêmes trous. Parce qu’on a appris à la connaître la route. Ça ne veut-pas dire être insouciant, car nous ne devenons-pas immunisé à l’accident, mais nous en connaissons les failles, qu’il nous ne sera plus aisé à éviter.

 

Jack Asmo Tous Droits Réservés.

Quelques textes retrouvés

En farfouillant, j’ai trouvé ce qui suit. Notez que nous sommes en fin 2016, debut 2017, j’étais dans un état trouble. Un moment où il m’était impossible de réfléchir la vie aux travers tous les spectres qui la compose.

Fin 2016 – « Ai-je aimé ? L’honnêteté induirait un non, par facilité. C’est une réponse donnée, à biens des questions, mais non pas à bien des maux.

5 mars 2017 – Je suis là, seul, au milieu de cette maison de crise, mes compères ayant trouvés oreilles agréables ou doux sommeil d’après-midi. Je lis du Antonin Artaud, du Lautréamont et je reviens aux bases de mon être, l’écriture, pour me calmer ces angoisses de vivre qui me déchire l’âme et les trips, ces derniers jours. Le matin surtout, quand la cadran sonne et que je me souviens que de boulot je n’ai plus, alors j’ai tellement mal que je pense que je vais mourir, la respiration me deviens difficile et si rien ne vient me distraire, je peux demeurer des heures ; dans la tourmente d’un deuil, dans l’incertitude d’un avenir et dans les échecs d’une vie.

Je suis un irréel dans un monde réel, je suis un être qui aime beaucoup trop et trop de choses, un homme hagard, l’égaré solitaire, à qui il manque le courage de foncer dans la stabilité d’une vie possible.

Je me laisse envahir par mes peurs, alors que j’ai tant à offrir.

Je ne suis pas certain de vouloir de ce monde ; ce monde qui m’a laissé croupir dans la cellule que j’avais créé.

Le drame d’un homme qui a tant de qualités et de potentiels, mais où l’envie de les utiliser manque.

7 mars 2017 – Dans ce méandre de possibilités, tout semble pareil à ce que déjà échoué, mais en plus loin !

En ce soir je ne vois plus d’avenir. Pourquoi essayer quand tout est déjà mort ? Qu’est l’avenir du demi-mort ? La fuite ? Mais vers où ? L’abandon ? La succession du chaos m’y mènera-t-elle finalement ? Y’a des choix, des options, mais de la place pour un Jack, je n’en vois-pas !

24 avril 2017 – Où es-tu Jack ?

L’homme qui avait au mois sa plume et rien d’autre ne subsistait en son âme. Qui voyait où tous sont aveugles et qui s’enfonçait dans sa propre noirceur, qui était un humain comme tous. Il a des étourdissement à force de ne pas avoir pied sur quelque chose et des creux profond en ses poumons, à chercher démesurément son air. Des plaque énormes lui compressent le cœur et une certaine insouciance lui voile la vue.

Par conséquent il n’est-plus dans le domaine du connu, mais bien en ces landes inexplorées de la tourmente.

 

Jack Asmo Tous Droits Réservés